Marcello Fonte, “un Buster Keaton des temps modernes”

Boursorama.com “C’EST UN BUSTER Keaton des temps modernes, quasiment un acteur du cinéma muet”: en un film, Marcello Fonte, prix d’interprétation au dernier Festival de Cannes pour son rôle dans “Dogman”, s’est fait un nom, assure le réalisateur, Matteo Garrone. Une apparition comme figurant dans “Gangs of New York” de Martin Scorsese, un rôle minuscule dans “Corpo Celeste” d’Alice Rohrwacher, la réalisatrice italienne, elle aussi à Cannes cette année avec “Lazzaro Felice” (“Heureux comme Lazzaro”): l’acteur calabrais de 39 ans était un quasi inconnu quand le réalisateur italien a misé sur lui il y a un an, après une rencontre improbable.

“Nous étions en plein casting, dans un centre social où une compagnie d’anciens détenus faisait des essais pour une pièce de théâtre. Marcello était le gardien, il dormait dans ce centre. Il écoutait les essais du spectacle, et un jour l’un des anciens détenus a eu un malaise, et il est mort. Il a pris sa place, il a fait le casting pour le film, et il a été choisi”, a expliqué le réalisateur de “Gomorra”. Pour Garrone, attiré par “la douceur et le visage antique” de Fonte, l’acteur semble “venir d’une Italie qui disparaît”.

Arrivé à Rome adolescent, depuis sa Calabre natale, Marcello Fonte a toujours voulu faire du cinéma: “J’ai fait toutes les erreurs, je n’en ai pas raté une, mais j’étais parti de l’idée que je voulais être comédien”, a-t-il expliqué, physique frêle et large sourire, dans un entretien à l’AFP à Cannes.

“Comment trouver du travail quand on n’est rien, qu’on n’est le fils de personne ? Alors j’allais directement voir les costumiers en disant, +c’est le réalisateur qui m’envoie+. Et on finissait pas me trouver un costume”, racontait-il dans une récente interview.

Au culot, il va ainsi apparaître aux côtés de Leonardo DiCaprio et Daniel Day-Lewis dans “Gangs of New York”. Sans savoir du tout qui était le réalisateur. “Il avait entendu Scozzese, il croyait que c’était un Ecossais”, lâche Matteo Garrone en riant.

Abonné aux petits rôles à la télévision italienne, dans la série “La Mafia uccide solo d’estate” (“La Mafia tue seulement l’été”) notamment, l’acteur italien porte littéralement “Dogman” dans ce rôle de Marcello, toiletteur pour chiens qui vivote avec un petit trafic de cocaïne pour améliorer les fins de mois.

Trahi et humilié par celui qui a dû être un ami d’enfance, cet anti-héros perd peu à peu son innocence, au fil d’un scénario librement inspiré d’un fait divers à Rome à la fin des années 80.

“Mais mon personnage ne devient pas violent, il est comme une fleur qui pousse dans la boue mais qui reste blanche, ou disons grise, sans se salir totalement”, a relativisé Marcello Fonte, lors de la conférence de presse du film à Cannes.

“On apprend toujours. J’ai fait un stage de trois mois chez un toiletteur canin, pour apprendre le boulot, il y a eu un parcours d’apprentissage. On ne s’improvise pas acteur un beau matin”. Un beau matin, sans doute pas. Mais un soir sur la Croisette, pourquoi pas.

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