Vincenzo Maiolo, 95 ans: «Je suis venu en France à pied, depuis l’Italie!»

Vincenzo Maiolo. Foto: Republicain-lorrain.fr

Republicain-lorrain.fr ROSSELANGE – Après avoir commémoré, le 23 juin 2015, leurs noces de platine, soit soixante-dix années de vie commune, Antanuzza et Vincenzo Maiolo viennent de fêter Noël et s’apprêtent à célébrer Nouvel an en famille. Rencontre.

Depuis quand êtes-vous installé dans la localité?

«Je suis arrivé seul en 1959 dans la vallée de l’Orne, dans les baraquements d’ouvriers célibataires du Bouswald. J’ai travaillé chez De-Wendel, aux hauts-fourneaux de l’usine de Moyeuvre. Ma femme et mes quatre enfants m’ont rejoint en 1960, et nous avons emménagé à Froidcul au sein du bloc collectif 22. En 1963, nous nous sommes installés rue Colonel-Hennequin et depuis plus de cinquante-trois ans, nous y sommes ancrés.»

Pourquoi et comment avez-vous choisi de traverser les Alpes ?

«Pour travailler et gagner de l’argent pardi ! Et ainsi pouvoir aider financièrement et subvenir aux besoins de ma famille qui était restée en Calabre, à Fabrizia, province de Catanzaro. Une grande partie de ma paie était envoyée à ma famille en Italie. Mon départ à pied de Fabrizia a été une grande aventure pédestre ! Pour aboutir à nos fins et venir en France avec onze compatriotes, on a fait le chemin à pied une première fois, mais on s’est fait refouler au pied du Gothard par la police suisse. Tenace, j’ai tenté un second essai, toujours à pied et cette fois, avec réussite, pour une arrivée en France dans une région lorraine qui recherchait et embauché du personnel au sein de la sidérurgie et des mines. Mon intégration a été facilitée, car à cette époque, beaucoup d’Italiens et de Polonais sont arrivés à Rosselange et dans la vallée de l’Orne. Lors des soirées, après le labeur, il régnait entre nous, au sein des dortoirs, une solidarité très forte. On passait nos soirées à parler du pays et à jouer aux cartes. Boulot, dodo, avec quelques sorties, c’était notre vie à nous Italiens ! »

Quels sont vos meilleurs souvenirs durant cette période?

«Bien sûr, le passage à pied jusqu’à la France rempli d’anecdotes et l’arrivée, en 1960, de ma femme et de mes enfants, suivie du passage dans la cité de Froidcul et de notre arrivée en 1963 à Rosselange. Et pour finir, mon emploi de premier fondeur à l’usine de Moyeuvre, puis à Rombas.»

Et maintenant?

« Je suis à la retraite depuis 1979 et comme dans ma vie j’ai toujours été actif, j’ai beaucoup bougé, bricolé, jardiné, élevé des bêtes, etc. Et si c’était à refaire tout ce que j’ai vécu, je recommencerais ! À l’époque, la vie était si différente de celle d’aujourd’hui ! On manquait de tout, mais il régnait entre voisins une solidarité qui n’existe plus de nos jours et nous étions heureux. Actuellement, j’ai l’immense chance d’être entouré par mes cinq enfants Pina, Salvatore, Rosine, Cathy et Léonard, qui tous les jours se relaient en soirée chez nous pour être près d’Antanuzza et moi. Vous savez, à notre âge, on a besoin d’avoir du soutien, de l’aide et de l’affection. Le maire, Vincent Matelic et une délégation communale, sont venus nous féliciter dernièrement avec des cadeaux, ça nous a touchés. »

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