Peppe Voltarelli: «Il y a cent ans, nous étions sur les bateaux»

Ledevoir.com C’EST A LA FOIS le chant de la Méditerranée et la parole universelle, l’ancrage en Calabre et le regard vers le vent du large, l’esprit libertaire et la voix de l’émigration. Peppe Voltarelli revient avec son âme anarchiste, sa guitare chansonnière et son accordéon forain pour raconter une fois de plus son histoire qui passe par la poésie sociale italienne et l’humour du libre penseur. Du 23 au 26 novembre, il s’arrête à Montréal et ses alentours. Ce jeudi soir, il retrouve au Groove Nation son amico Marco Calliari qui chantera des pièces de son nouvel album One Night. On y prévoit des invités-surprises, alors que, pour les autres occasions, l’auteur-compositeur livrera lui-même ce regard ironique sur son Sud italien, qui lui est cher.

Il vient du punk, qu’en a-t-il conservé ? « Le style direct. Dans ce sens, je demeure un jeune conteur punk », répond-il en anglais par courriel. Il affirme aussi que le lien entre toutes ces chansons est ce regard authentique qu’il pose sur l’histoire réelle pour en changer le cours. Il puise aussi dans son blues qui n’est pas celui des champs de coton, mais qui peut s’en inspirer : « J’écris mes chansons parce que j’ai besoin de partager des histoires avec des gens de différentes cultures avec ma voix et ma guitare comme on le retrouve dans le vieux country blues. Mais, mon rythme est celui des ballades populaires au sein desquelles les histoires publiques et privées sont mélangées. Voilà mon blues », résume-t-il.

Dans son plus récent récital Il viaggio, i padri e l’appartenenza (Le voyage, les pères et l’appartenance), il parle de ses racines et de son héritage méditerranéens en racontant aussi le parcours de l’immigration italienne partout dans le monde. De l’ensemble de sa création, il affirme que toutes les histoires qu’il écrit sont en lien avec la mer : « Là d’où je viens, la mer est l’endroit d’où arrivent d’Afrique les gens qui s’évadent de la guerre ou de la pauvreté. La mer te donne une profonde idée de l’humanité ».

Comment ressent-il la présence des réfugiés en Italie ? « Je pense que le gouvernement fait un bon travail pour les appuyer. Il y a des endroits comme Lampedusa et Pozzallo, en Sicile, ou Riace, en Calabre, où les réfugiés demeurent dans de vieux villages où il n’y a plus beaucoup d’habitants qui y vivent et on rouvre des écoles. Ce n’est pas une situation facile à gérer, mais nous, les Italiens, avons besoin de le faire parce que nous connaissons l’histoire. Il y a cent ans, nous étions sur les bateaux. »

Mercredi 23 novembre : à la Brûlerie de la Rivière à Terrebonne.
Jeudi 24 novembre : en duo avec Marco Calliari au Groove Nation à Montréal.
Vendredi 25 novembre : au Café du Passeur à Mont-Saint-Hilaire.
Samedi 26 novembre : souper spectacle au Soupçon cochon à Montréal.
Renseignements : Peppe Voltarelli chante au Québec, groupe public de Facebook.

Be the first to comment

Leave a Reply

L'indirizzo email non sarà pubblicato.


*